Entrevue vidéo avec Catherine Ferland.
Durée de la vidéo : 01:28
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Transcription: 

Après l’apparition du titre «Ingrédients de partout», madame Catherine Ferland, historienne et auteure, s’adresse directement à la caméra.

 

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Notre patrimoine alimentaire québécois s’est construit au fil du temps, à partir des aliments, mais aussi des recettes et des pratiques culinaires qu’on a empruntées dans notre propre culture, mais aussi dans les cultures qui nous ont environnées. On pourrait penser que notre façon de manger a toujours été comme ça, mais en fait, c’est faux. C’est vraiment quelque chose qui s’est construit dans la longue durée et il y a fort à parier aussi que ça va continuer d’être comme ça et de se transformer. Pour s’y retrouver, on peut distinguer cinq grands types d’influences, qui ont tour à tour façonné notre façon de cuisiner et de manger. D’abord les influences amérindiennes, ensuite françaises, puis britanniques, ensuite américaines et, enfin, ce qu’on pourrait qualifier d’influences internationales.

 

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De nos jours, on peut observer deux grands phénomènes qui colorent notre façon de manger au Québec. D’une part, il y a l’intérêt pour toutes les cuisines du monde, les cultures venues d’ailleurs. Donc, cet intérêt-là va se concrétiser par une recherche des restaurants exotiques, par le recours à des aliments spécialisés qu’on va trouver dans des épiceries et également par une tentative de recréer des recettes venues d’ailleurs dans nos propres cuisines, une sorte de façon de se les réapproprier.

 

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Ensuite, il y a tout cet intérêt pour le local, le terroir, l’aliment venu d’ici, dont on connaît le producteur, par exemple. Il y a un petit côté rassurant à tout ça et ça nous permet un peu de se  réapproprier notre histoire et nos racines.

 

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En définitive, c’est ce métissage entre l’attrait pour le global et le local qui est vraiment constitutif de notre patrimoine alimentaire contemporain.

 

 

Ingrédients de partout

Introduction

D’où viennent nos façons de cuisiner et de manger? Depuis toujours, c’est un portrait qui évolue, explique Catherine Ferland, historienne à l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française et auteure. Sous l’effet d’influences internationales, notre patrimoine alimentaire ne cesse de se multiplier et de se métisser.

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Le contenu de nos assiettes est le reflet de multiples influences. Les aliments et les pratiques culinaires s’enrichissent constamment d'apports d’autres cultures, tout en s’adaptant aux conditions spécifiques du territoire et du climat. Cet ensemble de traditions et de nouveautés évolue de plus avec les changements de goûts, les modes et les innovations.

Les aliments et recettes de la cuisine traditionnelle du Québec sont issus de ces nombreux métissages. L’eau d’érable était déjà consommée par les Amérindiens. La soupe aux pois blanc vient de France, tandis que les fèves au lard arrivent des États-Unis. Et c’est la présence britannique qui a rendu populaire la fameuse tourtière et le pouding chômeur!

La tendance se poursuit toujours aujourd’hui, comme en témoignent aussi bien la sauce à spaghetti familiale que l’omniprésence du sushi. Les familles, tout comme les chefs, empruntent et réinventent leur patrimoine alimentaire avec beaucoup de créativité.

La formation de ce riche patrimoine alimentaire est le résultat de plusieurs influences : amérindienne, française, britannique, industrielle, états-uniennes, internationale et locales.