Entrevue vidéo avec Hélène Raymond au sujet de l'importance des régions et du terroir.
Durée de la vidéo : 01:59
Vous pouvez télécharger le lecteur de média VLC pour jouer la vidéo sur votre ordinateur.
Transcription: 

Après l’apparition du titre «Croquer son territoire», madame Hélène Raymond, journaliste et auteure, s’adresse directement à la caméra.

 

00:00-00:43

Ce n’est pas d’hier que les régions développent des spécialités. Chacune des régions du Québec a développé sa cuisine ; pendant très très longtemps, les échanges étaient plus limités. Puis, l’alimentation industrielle est arrivée et on a commencé à manger tous la même chose, à vouloir retrouver les mêmes restaurants partout sur le territoire. Aujourd’hui, on revient à ces identités régionales. On recherche, depuis quelques décennies maintenant, à retrouver une cuisine régionale, à retrouver ses origines à travers les produits d’une région. Et toute cette approche du territoire, toute cette approche du terroir est extrêmement intéressante parce qu’elle repose à la fois sur le passé, sur le présent, sur l’avenir.

 

00:44-01:55

Au passé, parce qu’avec le terroir, grâce au terroir, on comprend ce qu’on a été, ce qu’on a mangé, la façon dont les anciens ont utilisé le territoire. Le présent, parce que ça fait référence à une demande actuelle des consommateurs et des citoyens, qui veulent savoir d’où viennent les aliments qu’ils consomment et qui veulent aussi mettre un peu d’imaginaire dans leur assiette de temps en temps. Et le futur, parce que le terroir, c’est l’avenir de certaines régions, c’est une partie de l’avenir, c’est une partie du développement de certaines régions. Alors le terroir, c’est un peu tout ça. C’est ce qu’on est dans un coin du monde, c’est ce en quoi on est différent d’avec un autre coin du monde, c’est ce qui fait notre caractère unique, notre typicité, notre volonté d’occuper l’espace et le territoire. Alors, c’est à la fois un regard vers le passé, mais c’est aussi un regard vers l’avenir. C’est une façon de se définir par rapport à l’assiette. C’est savoir utiliser le climat, le terrain, les changements du climat, le paysage pour… Et bien sûr, tout le savoir-faire des humains, qui occupent ce territoire, pour apporter une couleur un peu différente à l’assiette et à l’alimentation.

Croquer son territoire

Les spécialités régionales se sont définies de longue date, sur le territoire québécois. À une époque où modernité rime avec uniformité, on retrouve avec un plaisir renouvelé ces particularités du terroir, explique la journaliste à Radio-Canada et auteure Hélène Raymond.

En savoir plus   En savoir plus

Les aliments que nous mangeons racontent l’histoire des lieux d’où ils proviennent. Ils nous font voyager vers des terres exotiques, nous font penser aux vacances, à l’enfance, à des proches ou à notre coin de pays. Ils font aussi entendre la passion des producteurs alimentaires et l’histoire de ces territoires.

Pensons au cipaille de la Gaspésie, aux bagels de Montréal ou au crabe de la Côte-Nord pour comprendre que l’alimentation est inscrite dans des régions et des villes aux traditions bien précises. Même le congélateur rempli de truites pêchées il y a quelques semaines et les confitures de fraises rapportées d’une escapade à l’île d’Orléans racontent ces territoires qui nous sont précieux.

Croquer dans ces spécialités, c’est avoir en tête des paysages, des terroirs et des gens qui les produisent. Savoir d’où vient ce qu’on mange ajoute au plaisir de manger. Le goût se nourrit alors de la mémoire.